lundi 18 août 1997, par , 441 Vues
Noter cet articleC’est terrible a dire mais maintenant les priviligies en France ne sont plus
les riches ou les cadres mais juste ceux qui ont un travail et surtout les
fonctionnaires.
Le chomage en France est maintenant de 3,5 millions de personnes (ancienne \"methode\" de
calcul) contre 1,5 millions en Grande-Bretagne par exemple soit 15% de la population
active.
Deux egoismes
Deux egoismes sont a l’oeuvre ici. Le premier est entre les fonctionnaires qui
ont la securite du travail et le reste de la population. Ces gens se battent souvent pour
avoir non pas autant d’avantages mais plus d’avantages. En fait ce
n’est pas tous les fonctionnaires mais une petite minorite menee par des syndicats.
Les revendications comme une retraite a 55 ans ou une augmentation des salaires
bien au-dela de l’inflation sont irraisonnables. Les syndicats le savent bien. Mais
ils savent aussi qu’ils ont une position de force (greve et securite du travail, service
strategique), que le gouvernement a de l’argent, du moins celui qu’il a ramasse en augmentant
les impots pour remplir les criteres de Maastricht et donc qu’ils peuvent s’en
sortir avec des avantages. Et ils ont peur que s’ils n’agissent pas, d’autres
syndicats d’autres secteurs le feront et ramasseront le pactole avant eux (pas
de confiance).
Le resultat est que toute la population francaise qui a subi l’augmentation des
impots fini par subventionner les elements les plus favorises de celle-ci
au lieu des plus demunis.
Le second egoisme est entre la population au pouvoir des 40-50 ans du baby boom
et les jeunes. Apres avoir depense tout l’argent des annees de croissance apres
guerre, ils empruntent de l’argent (ie dette de la France, retraites assez
favorables) et donc laissent a leurs enfants le soin de payer leur train
de vie d’aujourd’hui et leurs retraites futures alors que la crise economique frappe
partout. Les augmentations de salaires/smic etc qui evidemment favorisent surtout ceux
qui ont un emploi et sont relativement ages constituent un autre transfert et
un obstacle supplementaire a l’embauche des jeunes (le chomage des jeunes
doit etre a 25% maintenant).
Ces egoismes sont les fruits d’une mefiance generalisee qui pousse les plus
forts a prendre le plus d’avantages au detriment des plus faibles.
Les politiques
Ceux qui sont au pouvoir, de droite ou de gauche ne peuvent rien faire il
faut bien le dire ; et ne peuvent que suivre avec plus ou moins de resistance
ce que la population veut (ou du moins ceux qui sont les plus forts dans
cette population).
Resultat
L’action conjuguee de ces deux egoismes, de la mefiance generalisee et
de la crise economique est une forte hausse du chomage et de la
marginalisation surtout chez les jeunes. Une marginalisation egalement
de toute velleite de construire de nouvelles choses et d’entreprendre
(67% des francais revent d’etre fonctionnaires d’apres un recent sondage).
Une montee de l’extreme droite, un changement de majorite a toute nouvelle
election, les francais essaient de s’etourdir au lieu de prendre les
mesures qui s’imposent mais l’absence de confiance empeche toute mesure
importante d’etre prise. En effet, si on lache des avantages qui peut
nous dire qu’un autre corps de metier (ex : la SNCF) ne va pas faire
une mega greve et ramasser tout ce qu’on a abandonne au lieu que cela
profite au pays ?
Que faire ?
Aucune idee.
Si on compare avec la Grande-Bretagne, c’est vrai qu’ils ont peu de chomage (7%)
mais au detriment d’une plus grande precarite. A Londres, tout le monde semble
travailler, meme les mamies qui semblent avoir un age avance. On peut
donc se dire que ce n’est pas une solution et que meme avec le RMI et les
allocations chomage on vit toujours mieux en France que dans d’autres pays
avec moins de chomage.
C’est vrai mais il faut bien voir ceci : le travail, meme sous-paye, (surtout
s’il est sous-paye d’ailleurs) cree de la richesse pour la nation toute entiere.
La richesse cree par les USA ou la Grande-Bretagne avec leur bas taux de chomage
et leurs entreprises modernes et recentes et sans commune mesure avec celle
cree par nos chomeurs et nos fonctionnaires. Ce qui en fait une situation
plus tenable que la notre.